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Peur du changement : d’où vient-elle et comment la dépasser ?

Vous ne trouvez plus de sens dans votre travail ? Vous avez besoin de plus de créativité, d’autonomie ou de reconnaissance ? Le constat est clair, vous avez besoin de changer de job ! Mais cela ne suffit pas pour passer à l’action, n’est-ce pas ? Il y a cette peur qui vous paralyse et vous empêche de sauter le pas… D’où vient cette peur du changement ? Comment la dépasser ? C’est ce que nous verrons dans la suite de cet article.

L’origine de la peur du changement : une question de survie

A l’époque où l’homme vivait encore dans un environnement sauvage, il était la proie de nombreuses espèces. De cette période, notre cerveau primitif a conservé certains réflexes, comme celui d’accentuer les éléments négatifs de notre environnement (j’en parle également dans l’article consacré à notre voix intérieure). Ainsi, notre cerveau associe l’inconnu à un danger éventuel, et nous pousse à la vigilance. Or, le changement nous amène d’une situation connue vers une nouvelle situation que nous ne connaissons pas encore. Qu’il s’agisse d’un nouvel environnement de travail, ou d’un nouveau métier, la perspective de tels changements génèrent chez nous des craintes plus ou moins rationnelles. Plus le changement est important, plus les craintes associées seront fortes.

Autre aspect de l’accentuation des éléments négatifs par le cerveau : nous sommes plus sensibles aux pertes qu’aux gains. Or, changer implique nécessairement une perte : celle du cadre de travail actuel, des collègues que l’on appréciait, des habitudes, d’un statut social, etc.

Cette tendance naturelle du cerveau peut aussi être renforcée par l’environnement dans lequel nous avons grandi : des parents surprotecteurs qui n’ont pas laissé l’enfant suffisamment expérimenter par lui-même par exemple. Certains évènements douloureux ayant entraîné un changement important peuvent également ne pas avoir été surmontés (deuil, déménagement, séparation des parents, etc.).

Notre cerveau est donc programmé pour éviter au maximum les prises de risque. Cette programmation peut être accentuée par l’environnement dans lequel nous avons grandi ou des évènements traumatiques qui ont marqué notre enfance. Or, la prise de risque est inerrante au changement. Pour sortir de ce conditionnement, la première étape consiste à faire évoluer votre état d’esprit vis-à-vis du changement. Puis, dans un second temps,  il s’agira de détricoter chaque peur une à une.

Modifier votre état d’esprit face au changement

  • La première étape pour vous mettre dans de bonnes conditions consiste à vous déculpabiliser. Non, ce n’est pas de votre faute si le changement vous fait peur et si vous avez du mal à passer à l’action. Vous savez maintenant que votre cerveau est conditionné par l’instinct de survie et les expériences de votre enfance.
  • La deuxième étape consiste à prendre du recul par rapport à votre situation actuelle. Il sera extrêmement difficile de vous mettre en mouvement pour changer si vous avez le nez dans le guidon. Il peut aussi être utile d’analyser votre situation actuelle et de vous demander précisément ce qui ne vous convient plus.
  • La troisième étape sera de prendre du temps pour vous afin d’être au clair sur ce qui est essentiel pour vous, ce qui vous motive. Il peut être utile à ce moment-là d’identifier vos valeurs fondamentales pour mieux vous reconnecter à ce qui est réellement important pour vous.
  • La quatrième étape consiste à visualiser le plus précisément possible la situation idéale après le changement. Il s’agit là de vous concentrer sur une vision positive de votre situation post-changement. Pour ce faire, installez-vous au calme, confortablement. Fermez les yeux, concentrez-vous sur votre respiration, et lancez votre imagination. A quoi ressemblera concrètement votre vie après ce changement ? Que ferez-vous ? Comment vous sentirez-vous ? Qu’est-ce que ce changement fera de vous ? Pour être efficace, vous devez vous immerger pleinement dans les scènes de vie que vous imaginez.

A l’issue de ces quatre étapes, vous devriez vous sentir plus que jamais motivé à effectuer les changements nécessaires dont vous avez besoin. Pour autant, la mise en action n’est pas évidente. En effet, votre cerveau va créer des pensées dont l’objectif est de vous protéger du changement (et donc de l’inconnu) en freinant l’action. Je vous propose un échantillon des pensées que vous pouvez expérimenter, et des pistes de réflexion pour les dépasser.

Des exemples de pensées qui freinent l’action, et des pistes de réflexion pour les dépasser

De quoi avez-vous peur précisément lorsque vous pensez à votre projet de changement ? Nommer vos peurs est une étape nécessaire pour les dépasser et vous mettre en action. En voici quelques exemples :

“J’ai peur de me tromper”

Si cette pensée émerge, je vous invite à vous poser les questions suivantes : qu’est-ce qui  pourrait arriver de pire? Quelles en seraient les conséquences ? Challengez les réponses pour réduire la charge émotionnelle, puis demandez-vous ce dont vous avez besoin pour vous rassurer et comment vous pouvez l’obtenir. L’objectif étant de passer de la pensée abstraite à des actions concrètes.

Par exemple, si vous envisagez de quitter votre emploi salarié pour démarrer une activité en tant qu’indépendant (un exemple pas tout à fait pris au hasard 😉 cliquez ici pour découvrir mon histoire), les questions / réponses peuvent ressembler à cela :

  • De quoi ai-je peur?
    • J’ai peur de me tromper, de ne pas prendre la bonne décision en quittant mon emploi salarié.
  • Qu’est-ce qui  pourrait arriver de pire?
    • Que je n’arrive pas à gagner suffisamment d’argent pour subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille.
  • Quelles en seraient les conséquences ?
    • Je n’aurai plus d’argent, on devra quitter notre maison, on ne pourra plus se nourrir correctement, s’habiller…
  • Est-ce vrai ?
    • Pas tout à fait, j’ai des économies que je pourrais mobiliser en cas de besoin.
  • De quoi ai-je besoin pour me rassurer ?
    • Il faudrait que je puisse garder une source de revenu, et m’assurer que je peux gagner de l’argent avec ma nouvelle activité.
  • Comment pourrais-je faire cela ?
    • Je pourrais par exemple passer en temps partiel pour garder des revenus et en même temps avoir suffisamment de temps pour tester ma nouvelle activité. Je peux également chercher à rencontrer des personnes qui exercent l’activité que je souhaite développer pour leur demander s’ils parviennent à en vivre et combien de temps cela leur a pris. Etc.

“Je ne sais pas ce dont j’ai réellement envie”

Dans le cas de ce type de pensées, je vous recommande de commencer par clarifier ce qui ne vous convient plus aujourd’hui. S’agit-il de votre environnement de travail ? De vos missions ? De tout cela à la fois ? Cela vous aidera à identifier le niveau de changement à opérer, plus ou moins important.
L’étape suivante consiste à imaginer la situation idéale pour vous, sans vous censurer. Laisser émerger toutes les idées sans jugement. Vous pourrez ensuite explorer de manière plus concrète la faisabilité de chaque idée.
Cette dernière étape est importante puisqu’elle vous amène à entrer en action. Au fur et à mesure de vos explorations, votre envie devrait s’affiner.

“Je ne sais pas par où commencer”

Ce type de pensées peut émerger en particulier lorsque l’on envisage un changement important telle une reconversion professionnelle. Si vous êtes dans cette situation, vous pouvez avoir l’impression que le travail nécessaire à votre changement est très important, qu’il y a beaucoup de tâches à faire, et que tout est important.
Le risque dans cette situation est de passer d’une action à l’autre, sans en finir aucune. Le conseil que je peux vous donner dans ce cas, c’est de prendre du recul, et de lister toutes les actions qui selon vous doivent être faites pour mener à bien votre projet de changement.
Puis, choisissez l’action par laquelle vous souhaitez commencer et concentrez votre énergie sur celle-là. Gardez à l’esprit que cela ne signifie pas que vous abandonnez le reste des actions; simplement, vous les ferez plus tard.

“Je n’ai pas ce qu’il faut pour y arriver”

Ici, je vous recommande de clarifier “ce qu’il faut pour y arriver” selon vous. Notez ce qui ressort de votre réflexion. Si je reprends l’exemple d’une personne qui souhaite quitter un emploi salarié pour se lancer en tant qu’indépendant, elle peut se dire que pour y arriver, il lui manque les éléments ci-dessous :

  • Du courage, de la force
  • Du temps
  • Des compétences en démarchage commerciale

Pour chacun des éléments, challengez vos réponses.

  • Du courage, de la force : avez-vous déjà fait preuve de courage et de force par le passé ? Comment avez-vous fait ? Pouvez-vous utiliser les mêmes ressources aujourd’hui ?
  • Du temps : comment pouvez-vous faire pour vous libérer du temps ? Quelles activités faites-vous que vous pouvez limiter ou supprimer ?
  • Des compétences en démarchage commerciale : comment pouvez-vous acquérir les compétences qui vous manque ?

“J’attends le bon moment”

Le postulat derrière cette pensée est qu’il existe un bon moment, celui où “toutes les planètes seraient alignées”. Et à ce moment-là seulement, votre projet de changement pourra réussir.
Souvent, ce bon moment consiste en un ensemble de conditions plus ou moins réalistes. Ce qui se cache derrière, c’est souvent la peur de vous tromper. Cette peur vous amène à procrastiner, tout en vous donnant une bonne raison de le faire. Dans cette situation, je vous recommande de creuser votre peur (cf. “J’ai peur de me tromper”).

J’espère que les pistes de réflexion de cet article vous permettront de dépasser votre résistance face au changement. Quelles que soient vos peurs, challengez les comme un. ami.e bienveillant.e le ferait, et lancez-vous dans l’action !
C’est le seul moyen de vous rapprocher de votre idéal 🙂

Vous vous sentez bloqué ? Vous n’y arrivez pas seul ? Je peux vous accompagner à dépasser vos peurs et passer à l’action. Ecrivez-moi à samia@mon-amie-coach.com pour en savoir plus.

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2 réflexions sur « Peur du changement : d’où vient-elle et comment la dépasser ? »

  1. Caroline

    Merci beaucoup pour votre article ! Je ne savais pas que notre cerveau était programmé pour éviter les prises de risque. Cela permet de se déculpabiliser… bien vu 😉 Et aussi, la visualisation, je trouve ça passionnant !

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